N’as- tu jamais existé?
Jeannine Gérard
492 poesie pubblicate
+ Segui

Réveillée par une angoisse
qui surgissait d'un rêve,
je me relève à demi
dans mon lit
et tristement m'assieds.
...
« Ton visage m'échappait.»
J'essayais de te recréer
et ce n'était jamais toi.
Et plus j’essayais,
plus je doutais
que tu eusses existé.
Et pourtant
j’étais sûre
de t’avoir aimé.
Oh, tourment!
Je ne captais
que des bribes
et des fragments
pareils à des éclats
d'un miroir brisé.
Puis dans l'ombre,
du haut de ma stupeur,
je te voyais m’apparaître,
comme une chimère qui,
folle de naître pour personne
ne réussit à s'apaiser.
Ainsi,
les yeux surpris,
l’âme foudroyée,
transportée vers l’azur,
je demeurais extasiée
jusqu'à ce que la vie
autour de moi
bousculait l'illusion,
rompait le charme,
et me replongeait
dans la mémoire
qui s'effaçait.
...
O ce rêve...
Il me plaisait d'imaginer
que malgré la mort
les choses et les êtres
finissent toujours
par s'en retourner
au lieu
qu'ils n'auraient jamais
dû quitter.
Ainsi,
ivre d’espérance
je t’attendais
en dépit du temps,
et quand tu m'apparaissais
seulement alors
je retrouvais la joie de vivre
et la paix
sous le regard pur
de ces heures inchangées.
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L'autore
Jeannine Gérard
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