Pourquoi m’avoir donné un cœur?
Jeannine Gérard
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+ Segui

La pâleur du jour naissant
infiltre mes paupières closes.
Dans mon lit,
à ras des draps fatigués
par des plis nombreux,
je m'étire...
et mes doigts cherchent
en vain
le rêve qui m’a fui!
Ici, sans lui,
s’est évanoui
la dernière espérance,
la dernière illusion.
O le souvenir de quand son âme
quitta la terre.
Pleine d’épouvante,
je gardais le silence
et restais pétrifiée.
L’oreille attentive
à la fuite du temps,
palpitante sous l’oppression
d’une anxiété croissante,
je l’observais
pour profiter encore
de chaque instant de lui.
Nul parmi ceux qui étaient là
ne put remarquer
la tranquillité
qui envahissait son visage
et le léger sourire
qui effleurait sa bouche.
Déjà il fermait les yeux à la lumière
pour recevoir un dernier baiser.
Le cœur fatigué d'angoisse,
je succombai à la cruelle fatalité.
Déjà les cieux retentissaient
du bruit des serrures divines.
Après maints jours
pleins de délire,
prise par une léthargie
sans souffle et sans mouvement,
je ne voulais plus jamais voir
la lumière
qu'à travers le spectre
de ses yeux.
Et je priais:
«Où que tu sois mon âme,
tu seras toujours en moi.
Personne ne pourra voler
nos doux moments passés ensemble.
Il y avait en chacun de nous
tant d’accompli et tant d’inachevé.
Et avec triste ironie
tournant vers Dieu mon visage
déjà couvert des ombres de la mort,
pleine et fervente,
ma voix déchire le silence...
« pourquoi Seigneur
m'avoir donner un cœur
pour le laisser se mourir seul,
où est ta miséricorde,
où est ton amour, où est ta pitié? »
Mais rien n’est perdu!
Je sais qu’un jour
tu m’ouvriras tes portes
de la grande libération
et me révèleras les secrets
de l'immortalité
et de la réincarnation.
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L'autore
Jeannine Gérard
Commenti (1)
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andrea ristori5 giugno 2013
non ho capito quasi nulla, ho capito che il francese, almeno quanto l'italiano, è la lingua dell'amore.
